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Peinture + feutres Acrylique + peinture huile
Dimensions : 130 x 97 cm
Pendant dix ans, Dominique Pélicot a drogué sa femme, Gisèle, afin de la violer et de la faire violer par des dizaines d’hommes. Il a recruté plus de 72 complices via le site Coco, dans la rubrique « à son insu ». Là, il postait des annonces telles que :
« Je cherche complices pervers pour abuser de ma femme endormie. »
C’est sur cette plateforme qu’ils échangeaient des consignes.
Dominique Pélicot filmait ces viols collectifs et les archivait méticuleusement dans un dossier qu’il avait cyniquement intitulé « Abus ». C’est grâce à ces vidéos qu’on a pu identifier 50 agresseurs, certains revenant régulièrement. Parmi eux, 50 ont été arrêtés et jugés, tandis que 22 autres restent en liberté, voire plus.
Les violeurs avaient entre 26 et 74 ans, de toutes professions et de toutes classes sociales : des « Monsieur Tout-le-Monde », un échantillon représentatif de la société française. Aucun ne s’est interrogé sur le consentement de Gisèle. Aucun n’a eu la moindre considération pour elle. Aucun n’a fait demi-tour. Seuls 14 ont reconnu les faits.
Tout a éclaté le 12 septembre 2020, lorsque Dominique Pélicot a été surpris dans un supermarché en train de filmer sous les robes et jupes de clientes. Arrêté et placé en garde à vue, l’impensable a été révélé : plus de 20 000 photos et vidéos de viols collectifs ont été retrouvées sur son ordinateur.
Gisèle a été convoquée au poste. Sa vie a basculé. Elle s’est sentie anéantie, trahie.
Mais Gisèle a osé l’impensable : elle a demandé que le procès soit public et que les vidéos soient projetées à l’audience. Elle nous a confrontés à son calvaire, exposant la réalité du viol : une succession de coïts plus sordides les uns que les autres, perpétrés par des hommes ordinaires ou de véritables salauds sur une femme totalement endormie. Le tout, orchestré avec précision par un manipulateur pervers.
Ce procès a mis en lumière un système archaïque de domination, où l’homme détient le pouvoir et l’autorité. Pourtant, chacun des agresseurs avait le choix de rebrousser chemin.
Mais ils ont préféré le déni. Ils se sont déresponsabilisés. Comme toujours, la stratégie des agresseurs est d’inverser la culpabilité.
Les avocats de la défense ont tenté de minimiser les faits :
En prétendant que certains accusés avaient été eux-mêmes maltraités dans leur enfance.
En pinaillant sur des détails.
En jouant sur l’intentionnalité de leurs clients.
Dominique Pélicot, quant à lui, a déclaré :
« Si j’en suis arrivé là, c’est pour soumettre une femme insoumise. C’était mon fantasme, par pur égoïsme. »
Malgré les pires questions inquisitrices et l’agressivité à son encontre, Gisèle a tenu bon. Elle a répondu avec mesure et dignité. Son objectif était clair : faire changer la honte de camp.
« Ce n’est pas à moi de me cacher. Je le fais pour toutes ces femmes qui ne sont pas reconnues comme victimes de soumission chimique faute de preuves. Je le fais pour celles qui se réveilleront un matin avec des absences, des douleurs gynécologiques, et qui repenseront à mon témoignage. »
Gisèle est devenue une figure emblématique de la lutte contre les violences sexuelles.
Ce procès a eu une résonance mondiale
Le combat de Gisèle est celui de toutes les femmes. Son courage a permis de briser le silence. Mais la lutte contre les violences sexuelles est loin d’être terminée.
En France :
94 % des procès pour viol sont classés sans suite.
Seul 1 % des violeurs est condamné.
Un viol ou une tentative de viol a lieu toutes les 2 minutes 30.
La majorité des viols ne sont jamais dénoncés.
Une question fondamentale se pose : pourquoi le viol est-il si omniprésent dans notre société ? Quels sont les mécanismes qui le permettent ?
Le Code pénal précise qu’il n’y a « point de crime ou de délit sans intention de le commettre ». Or, le viol est un instrument de contrôle social, de domination. Et le violeur n’a pas de profil type.
Les femmes de plus de 25 ans sont les plus exposées aux viols, notamment au sein de leur couple.
Un sondage réalisé le 3 octobre 2024 révèle des chiffres alarmants :
57 % des hommes interrogés considèrent qu’en l’absence d’un « non » explicite, il y a consentement.
58 % estiment qu’il est acceptable d’insister après un « non », pensant que leur partenaire peut changer d’avis.
64 % trouvent normal qu’un homme soit excité par une femme qui résiste.
60 % des 25-34 ans pensent qu’un « oui » initial vaut accord pour tous les actes sexuels.
Ces statistiques sont glaçantes. Elles montrent à quel point le consentement est encore mal compris et à quel point la culture du viol est ancrée dans notre société.
Le combat de Gisèle est celui de toutes les femmes. Son courage a permis de briser le silence. Mais la lutte contre les violences sexuelles est loin d’être terminée.
Visite interactive commentée par Lou, avec présentation dans leur contexte historique et sociétal des femmes mises en lumière par l’exposition. (RV Club Famille)
Rendez au Club Famille
16 Avenue de Laon à Reims
Samedi 16 Mars – 16h00 / 18h00
Jeudi 21 Mars – 19h / 21h30
Lundi 25 Mars – 19h / 21h30
Dimanche 7 Avril – 14h / 17h
Samedi 23 Mars – 20h / 3h00